ALEX TOUCOURT

Il y a un peu plus de dix ans, débarquait sur la scène française le Lorrain Alex Toucourt, qui déployait dans son premier album StudiOrange un univers « acousticool » et décontracté. Alex Toucourt était cependant loin d’être un néophyte, comptabilisant avant ça près de 500 scènes foulées avec son groupe de reggae Conscience Tranquille. Amoureux de la scène et de la rencontre avec le public, il sillonnait ces dernières années la France et le Canada avec près de 400 représentations (entre 2012 et 2020) pour accompagner les sorties de son second album Mémoire d’Éléphant Rose et de son conte musical jeune public Tu peux toujours rêver.

Pour son troisième opus, Le Fruit du Bazar, il revient avec dix chansons aux textes ciselés qui oscillent avec délicatesse entre la mélancolie douce du temps qui passe sur nos existences, et un constat un brin amusé sur nos états d’âme. Habillées par ses propres arrangements et réalisées par Dominique Ledudal (comme son précédent album Mémoire d’Éléphant Rose), les chansons et ballades pop-folk d’Alex Toucourt nous embarquent au gré de ses histoires et de ses sentiments dans lesquels la batterie de Philippe Entressangle laisse parfois place à des beat-box “bricolés à la bouche’’ d’inspiration hip hop.

Multi-instrumentiste, Alex Toucourt trempe ses doigts-pinceaux dans une large palette de couleurs pour raconter notamment dans « Palette de Colères », la nuit bousculée d’un enfant qui voudrait s’enfuir. Avec « Sur Ton Che- min », le compositeur-interprète livre en filigrane un testament pop et cinématographique. Attentif aux signes composites qui déterminent les trajectoires, Alex Toucourt chante une lettre aux absents dans « Peut-être à l’automne » ou relate avec pudeur l’itinéraire d’un amour perdu dans « 2 Plumes » qui débute sur le piano d’Albin de la Simone et s’achève par une envolée épique portée par des cordes vibrantes. Une volonté poétique de « se cacher tout en se dévoilant », que l’on retrouve sur l’entraînant et touchant « À Demi-Mot », en tandem avec JP Nataf (Les Innocents). Enfin, Alex Toucourt ne se départit pas d’un certain humour que ce soit pour retracer un calamiteux voyage aux États-Unis (« My Lovely Willy ») sur des airs de country teintés d’harmonica ou encore en narrant l’absurdité des colères ordinaires (« La Trouille »).

Sur scène, le chanteur convoque autant ses talents d’autodérision que son don pour “empoi- gner’’, entraînant le spectateur dans son intimité en jouant avec les émotions vives comme avec les rires francs. Sur le fil, toujours.

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